Dans un contexte où les entrepreneurs concentrent naturellement leur énergie sur le développement de leur activité, la préparation de la retraite reste trop souvent reléguée au second plan, après les priorités opérationnelles. Pourtant préparer sa retraite est un exercice stratégique à ne pas négliger. Entretien avec Amandine Cossement, experte en planification patrimoniale chez CapitalatWork.
Un indépendant qui prend sa retraite aujourd’hui, à quoi ressemble concrètement sa situation par rapport à un salarié ?
La différence est structurelle. Là où un salarié peut s’appuyer sur une pension légale relativement confortable, l’indépendant fait face à un déficit important de revenus garantis.
Cela implique que sa sécurité financière repose avant tout sur les décisions qu’il aura prises tout au long de sa carrière.
Dans la pratique, nous observons des situations très contrastées : certains entrepreneurs ont structuré un patrimoine diversifié et cohérent, tandis que d’autres arrivent à la retraite avec un patrimoine peu liquide ou trop concentré. L’enjeu n’est donc pas uniquement de constituer un patrimoine, mais de le structurer pour générer des revenus durables.
La vraie question n’est donc pas “combien ai-je accumulé ?”, mais “dans quelle mesure ce patrimoine est-il capable de me faire vivre durablement ?”.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez chez les entrepreneurs qui arrivent à 55-60 ans sans avoir structuré leur retraite ?
Il y a trois erreurs majeures que l’on peut constater.
La principale erreur est de penser que la vente de l’entreprise suffira à financer la retraite. Or, cette opération est incertaine et souvent surestimée. Il s’agit d’une confusion entre capital et revenus. Beaucoup d’entrepreneurs ont créé de la valeur, mais pas nécessairement des flux.
Une autre erreur est le manque de diversification : trop de patrimoine reste concentré dans l’outil professionnel. Tant que l’activité fonctionne, cela peut sembler cohérent, mais cela crée une dépendance forte au moment de la sortie.
Enfin, la troisième erreur – plus insidieuse – est l’absence de vision globale. Les décisions ont été prises de manière fragmentée : un produit ici pour des raisons fiscales, un investissement là par opportunité… mais sans architecture d’ensemble, et sans véritable stratégie patrimoniale intégrée.
Beaucoup d’indépendants comptent sur la cession de leur société. Est-ce suffisant ?
C’est une approche fréquente, mais risquée. Une cession dépend de nombreux facteurs internes et également externes : marché, timing, attractivité du secteur, dépendance du dirigeant… Ce n’est généralement pas suffisant ni sécurisé.
Il faut, après la cession, transformer un capital en revenus durables, ce qui nécessite une expertise spécifique. Chez CapitalatWork, nous insistons sur l’anticipation de cette transition, idéalement plusieurs années avant la cession.
Concrètement, quels sont les outils ou véhicules qu’un indépendant devrait avoir mis en place pour arriver sereinement à la retraite ?
Il n’existe pas de solution unique. Une structuration efficace repose sur trois axes :
- la constitution d’un patrimoine privé diversifié,
- une utilisation intelligente de la société comme véhicule d’investissement,
- et une optimisation fiscale maîtrisée.
Dans ce cadre, certains outils prennent tout leur sens. Par exemple, pour les sociétés, une SICAV RDT constitue un levier particulièrement intéressant : elle permet d’investir de manière fiscalement efficiente tout en construisant un capital mobilisable à terme.
Mais l’essentiel n’est pas l’outil en soi. C’est la manière dont il s’intègre dans une stratégie globale. C’est précisément là que réside notre valeur ajoutée chez CapitalatWork : relier les différents éléments : privé, professionnel, fiscal, successoral, familial et ce, dans une vision d’ensemble cohérente afin d’anticiper.
Au-delà des chiffres bruts, comment évalue-t-on le capital nécessaire pour maintenir son train de vie à la retraite ? Par où commence-t-on ?
La bonne approche consiste à inverser la réflexion classique. On ne part pas du capital disponible, mais du niveau de vie souhaité en le traduisant en besoins de revenus futurs. Ensuite, on analyse les ressources existantes et l’écart à combler. Combien faudra-t-il générer mensuellement ? Pendant combien d’années ? Avec quel niveau de sécurité ? À partir de là, on construit un modèle intégrant :
- les ressources existantes,
- les besoins futurs,
- l’inflation,
- la fiscalité,
- et l’horizon de vie.
Cette approche nécessite une véritable planification financière, qui dépasse largement les calculs simplistes. Chez CapitalatWork, cette dimension est centrale. Nous ne travaillons pas sur des produits, mais sur des trajectoires de vie financière.
A quel âge idéalement un indépendant devrait-il commencer à structurer sérieusement sa retraite ? Et pour quelqu’un qui s’y prend tard — disons à 50 ans — que peut-on encore faire ?
Idéalement, dès que l’activité génère des revenus stables. Le facteur temps est un allié extrêmement puissant, tant en termes de capitalisation que de flexibilité stratégique.
Cela dit, il est essentiel de casser une idée reçue : il n’est jamais “trop tard” pour bien faire.
À partir de 50 ans, l’approche change. On entre dans une logique plus stratégique, plus ciblée, parfois plus intensive. Les leviers existent toujours, toutefois, ils doivent être actionnés avec précision. Les stratégies à ce moment-là seront simplement différentes : plus ciblées, plus efficaces, et souvent plus structurées.
C’est souvent à ce moment que l’accompagnement prend toute sa valeur.
Si un entrepreneur lit cet article et réalise qu’il n’a jamais vraiment structuré sa retraite, quelle est la première chose qu’il devrait faire dès cette semaine ?
Prendre un moment pour faire un état des lieux global et sortir de la logique opérationnelle quotidienne pour se poser une question simple : “Si je devais arrêter demain, où en suis-je réellement ? ».
Et surtout, ne pas rester seul face à cette complexité et se faire accompagner par des professionnels de qualité pour structurer une stratégie cohérente et établir un état des lieux objectif : patrimoine privé, structure de la société, dépendances, revenus futurs et objectifs de vie.
La préparation de la retraite ne s’improvise pas. Elle nécessite une vision globale, une expertise et un accompagnement sur mesure. C’est précisément l’approche défendue par CapitalatWork, qui place la planification patrimoniale et financière au cœur de son accompagnement des entrepreneurs. Dans ce contexte, la valeur ajoutée réside précisément dans cette capacité à apporter une lecture globale, indépendante et structurée, là où beaucoup d’entrepreneurs ont accumulé sans réellement organiser.
En conclusion : la retraite de l’indépendant n’est pas une échéance administrative. C’est un véritable projet patrimonial stratégique. Elle ne se résume ni à un produit, ni à une cession, ni à une optimisation fiscale ponctuelle. Elle exige une vision, une cohérence et une anticipation.
C’est cette approche globale, à la croisée de la planification patrimoniale, financière et entrepreneuriale, que CapitalatWork met au cœur de son accompagnement.
Vous souhaitez aborder ce sujet ? Notre équipe planification successorale est là pour vous. Ensemble, nous bâtirons une stratégie à la hauteur de vos ambitions.
