A l’instar du reste du monde financier, nous nous interrogeons sur ce qui a poussé le président Trump à lancer une attaque contre l’Iran. Il semble peu probable qu’il ait réellement cru que l’Iran constitue une menace pour les États Unis à court terme.
Dès lors se pose la question : a t il été manipulé par Israël ? A t il cherché, par une action aussi téméraire, à détourner l’attention de l’opinion des dossiers de politique intérieure ? Ou cherchait il à faire remonter sa cote de popularité en berne via un « effet de ralliement sous le drapeau » ?
Un contexte économique américain sous tension
La cote de popularité du président Trump a fortement reculé au cours de l’année écoulée. Cela tient en grande partie à la manière dont l’Américain moyen perçoit la situation économique. En effet, celui-ci ne ressent absolument rien des messages positifs diffusés par l’Administration Trump dans le monde à propos de la renaissance de l’économie américaine.
Les ménages continuent de lutter contre la forte augmentation du coût de la vie. Les prix des denrées alimentaires, de l’énergie et du logement – qui représentent l’essentiel de leurs dépenses – augmentent plus vite que les salaires depuis des années. De plus en plus d’Américains n’arrivent tout simplement plus à joindre les deux bouts. L’accessibilité financière est ainsi devenue un thème politique central. Or, le rétablissement du pouvoir d’achat figurait précisément parmi les grandes promesses électorales de Trump. Son incapacité à tenir cet engagement déçoit de nombreux électeurs.
Par ailleurs, la situation sur le marché du travail reste difficile. L’incertitude engendrée par la guerre commerciale a conduit les entreprises à mettre leurs plans de recrutement en suspens. Ce qui a grippé le moteur des créations d’emplois. Cet environnement offre peu de perspectives d’amélioration sur le plan professionnel. Même les Américains aux revenus plus élevés s’inquiètent pour leur avenir. La vague montante de l’intelligence artificielle entraîne, lentement mais sûrement, des licenciements massifs. Et ce, notamment dans les fonctions informatiques et financières mieux rémunérées.
Une géopolitique aux conséquences difficile à anticiper
Nous ne saurons sans doute jamais si la décision de Trump d’attaquer l’Iran visait à redorer son blason politique. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le président s’est lancé dans le conflit à la légère. Il n’a pas réfléchi à certaines conséquences pourtant prévisibles.
Il était évident que l’Iran pouvait, en bloquant le détroit d’Ormuz, couper l’approvisionnement en énergie. Ce faisant, la ligne de vie de l’économie mondiale est coupée. Il était tout autant prévisible que cette action unilatérale des États-Unis ferait s’évaporer les derniers restes de bonne volonté chez leurs alliés traditionnels.
Sur le plan intérieur également, le président n’a pas marqué de points. Il a rompu sa deuxième grande promesse électorale : l’absence d’aventures militaires à l’étranger. Pour la première fois, Trump s’est même aliéné une partie de la base dure du mouvement MAGA (« Make America Great Again »). Peut être aurait il dû se souvenir du conseil avisé de Colin Powell à George Bush à la veille de l’invasion de l’Irak : « Qui casse, paie ». Trump peut difficilement rejeter la responsabilité de ses actes sur les autres. Toutefois, personne ne voit clairement comment il pourrait se dégager du bourbier iranien, sur le plan militaire ou diplomatique, sans perdre la face. Par ailleurs, l’impact futur de ce conflit sur l’économie ou sur les marchés financiers reste très difficile à anticiper. La durée du conflit, les dégâts aux infrastructures énergétiques et la reprise d’une navigation sécurisée dans le détroit d’Ormuz seront des éléments cruciaux.
Trois vertus de l’investisseur à long terme
Spéculer sur l’évolution future du conflit n’a guère de sens, compte tenu du caractère imprévisible de Trump et de la résistance de l’Iran. Cela ne signifie toutefois pas que nous soyons dépourvus de stratégie face à cette situation. Bien au contraire : dans ce contexte volatil et incertain, nous restons fidèles à notre boussole d’investissement.
Nos fondements intemporels, la diversification, ainsi que la patience et la persévérance, guident notre approche et contribuent tous trois positivement à notre gestion dans ces circonstances.
Souhaitez-vous découvrir comment nous traduisons concrètement ces vertus de l’investisseur dans votre situation personnelle et vos ambitions à long terme ?
