Depuis le 28 février, le monde est confronté à un nouveau conflit majeur au Moyen-Orient. Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, un événement qui domine l’actualité internationale depuis plusieurs semaines. Cette escalade géopolitique a immédiatement provoqué une flambée des prix du pétrole. Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril en mars pour arriver à un pique de 120 Dollar le baril fin mars.
Dans la nuit du 7 au 8 avril, Donald Trump a annoncé un armistice de deux semaines. Cette déclaration a entraîné une détente immédiate sur les marchés pétroliers, avec une baisse d’environ 16 %, ramenant le prix du baril sous la barre des 100 dollars.
Un choc énergétique aux répercussions mondiales
Malgré ces signaux plus rassurants, les tensions au Moyen-Orient ont ravivé une inquiétude bien connue des investisseurs. Celle d’un choc énergétique susceptible de relancer l’inflation.
Il faut rappeler qu’environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Hormuz. Celui-ci est resté bloqué suffisamment longtemps pour perturber significativement les flux énergétiques mondiaux. Les pays exportateurs du Golfe ont par ailleurs été la cible d’attaques répétées, affectant directement leurs capacités de production. Le Qatar a même été contraint de suspendre temporairement sa production de GNL.
La normalisation des flux énergétiques prendra encore du temps.
Ces événements ont eu un impact majeur non seulement sur le marché de l’énergie, mais aussi sur des secteurs fortement dépendants de l’énergie ou dont les chaînes d’approvisionnement transitent par cette région. Citons notamment la production et le transport des engrais — indispensables à l’alimentation mondiale — ou encore des économies très exposées aux importations énergétiques de la région, comme la Corée du Sud, où une hausse durable des prix du pétrole pourrait significativement renchérir les coûts de production dans des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs.
L’inflation : un risque structurel, pas seulement conjoncturel
Historiquement, une hausse du prix du pétrole est l’un des principaux déclencheurs de poussées inflationnistes. Le phénomène a été observé à de nombreuses reprises par le passé, et plus récemment encore en 2022, au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’inflation avait atteint un niveau record de plus de 10 % en octobre 2022.
Au-delà des chocs ponctuels, nos économies fortement intégrées, portées par des chaînes d’approvisionnement mondiales interconnectées, se révèlent de plus en plus sensibles aux tensions géopolitiques. Si ces interconnexions ont apporté d’indéniables avantages économiques, elles ont également mis en lumière certaines fragilités au cours des dix dernières années. L’économie mondiale s’est en effet révélée de plus en plus sensible aux chocs géopolitiques, avec des conséquences inflationnistes parfois significatives. Plusieurs événements l’illustrent : la guerre commerciale entre les États‑Unis et la Chine en 2018, la pandémie de COVID‑19 suivie par la saturation et la désorganisation des chaînes logistiques mondiales, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, ainsi que plus récemment les tensions et conflits persistants au Moyen‑Orient.
Notre approche pour protéger le pouvoir d’achat
L’ensemble de ces événements démontre qu’il est devenu essentiel de se protéger contre l’inflation afin de préserver son pouvoir d’achat. Il s’agit d’un thème central, auquel nous accordons une importance particulière chez CapitalatWork.
Nous restons convaincus qu’à long terme, l’investissement en actions constitue l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre l’inflation. Cette approche est particulièrement pertinente lorsque le portefeuille est composé de sociétés de qualité disposant d’une forte capacité de fixation des prix (“pricing power”). Ceci leur permet de répercuter les hausses de coûts sur leurs clients sans détériorer significativement leurs marges. Cette capacité représente l’un des critères clés de notre philosophie d’investissement, parmi d’autres critères qualitatifs et quantitatifs fondamentaux.
Il va toutefois de soi que cette exigence de qualité doit être combinée à une analyse rigoureuse et régulière de la valorisation des sociétés en portefeuille. Cette discipline permet d’adapter les allocations lorsque cela s’avère nécessaire et de viser des rendements attractifs sur le long terme.
Pour les profils plus défensifs, une diversification des actifs financiers intégrant une exposition obligataire permet d’atténuer la volatilité. En particulier, l’exposition à des devises liées aux matières premières, telles que la couronne norvégienne et le dollar australien, contribue à compenser les pertes temporaires enregistrées récemment sur les obligations.
Par ailleurs, notre positionnement significatif en obligations indexées sur l’inflation s’est montré particulièrement favorable dans cet environnement. Ces instruments, dont le capital et/ou les coupons sont ajustés en fonction de l’évolution de l’inflation, permettent de préserver le pouvoir d’achat des investisseurs. Ils constituent ainsi un outil de protection efficace en période de hausse des prix. À ce titre, nos portefeuilles obligataires affichent une forte exposition à ce type d’obligations, qui représentent également une solution pertinente pour protéger, sur le long terme, les investisseurs au profil de risque plus défensif contre l’érosion liée à l’inflation.
En période de volatilité et de fortes fluctuations, lutter contre l’inflation sur le long terme nécessite des choix d’investissement réfléchis. La qualité des actifs sélectionnés joue un rôle déterminant dans la génération de rendement réel et la préservation du pouvoir d’achat.
L’investissement, un marathon
L’investissement n’est pas un sprint, mais un marathon. Nous restons convaincus que la confiance dans la qualité fondamentale des entreprises, fondée sur leur capacité à générer des flux de trésorerie durables, combinée à une philosophie d’investissement disciplinée et orientée long terme, constitue un socle solide pour traverser les périodes de turbulence.
Cette approche a fait ses preuves au fil du temps. Elle demeure, selon nous, l’un des moyens les plus efficaces pour rester sur la bonne trajectoire et protéger durablement son patrimoine contre l’inflation.
