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Actualités, Financier
27/08/2026

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Inflation : les cinq forces structurelles qui façonnent les prix

Inflation, pandémie, crises géopolitiques : les explications les plus souvent avancées ne suffisent pas à comprendre la hausse durable des prix observée depuis plusieurs années. Dans cette video (en anglais, sous-titrée) Christophe Van Canneyt, Chief Economist, cinq tendances structurelles transforment en profondeur l’économie mondiale : la démondialisation, la démographie, la décarbonisation, la digitalisation et la dette. Comprendre ces forces est essentiel pour préserver son pouvoir d’achat et adapter ses investissements à un environnement durablement plus inflationniste.

Lire la transcription de la video

L’inflation est un sujet qui nous concerne tous, à la fois en tant qu’investisseurs et en tant que consommateurs. Si l’on observe l’évolution des prix ces dernières années, un constat s’impose : en Belgique, le niveau général des prix est aujourd’hui environ 28 % plus élevé qu’à la fin de 2019. Une situation comparable à celle observée dans une grande partie du monde occidental, où les prix ont augmenté d’environ 30 % aux États-Unis et au Royaume-Uni sur la même période.

Pour expliquer cette hausse, les crises récentes sont souvent pointées du doigt : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine ou encore les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces événements ont effectivement contribué à faire grimper les coûts de l’énergie et, par conséquent, les prix à la consommation.

Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Aujourd’hui, par exemple, le prix du pétrole se situe à un niveau similaire à celui de fin 2019. Pourtant, les prix restent nettement plus élevés. Même si le gaz naturel demeure plus cher en Europe qu’avant la pandémie, ce phénomène n’explique pas à lui seul l’inflation observée dans des pays comme les États-Unis.

D’autres facteurs sont donc à l’œuvre. Des facteurs plus profonds, plus durables.

Les 5 facteurs qui influencent l’inflation

La démondialisation

Pendant plusieurs décennies, l’économie mondiale s’est construite sur une logique d’ouverture et d’optimisation des coûts. Les entreprises pouvaient produire là où c’était le moins cher, tout en s’appuyant sur des chaînes d’approvisionnement mondiales extrêmement efficaces.

Aujourd’hui, nous évoluons vers un monde plus fragmenté et multipolaire, dans lequel la sécurité des approvisionnements est devenue au moins aussi importante que leur coût.

Les entreprises doivent diversifier leurs fournisseurs, constituer des stocks plus importants et relocaliser certaines activités. Elles disposent également de moins d’opportunités pour réduire leurs coûts de production grâce à l’arbitrage international du travail. Dans certains secteurs, la concurrence s’est également réduite, renforçant le pouvoir de fixation des prix des entreprises.

L’ensemble de ces évolutions exerce une pression durable à la hausse sur les prix.

La démographie

Dans de nombreuses économies développées, la population en âge de travailler progresse moins rapidement qu’auparavant, voire diminue. Cette évolution renforce le pouvoir de négociation des travailleurs et favorise des revendications salariales plus élevées.

Cette hausse des salaires est souvent répercutée sur les prix des biens et des services, ce qui contribue à entretenir l’inflation.

Le vieillissement de la population exerce également une pression croissante sur certains secteurs, notamment les soins de santé, où la demande augmente rapidement.

La décarbonisation

La transition énergétique constitue le troisième moteur structurel de l’inflation.

À long terme, le développement des énergies renouvelables pourrait contribuer à réduire les coûts énergétiques. Mais avant d’en récolter les bénéfices, d’importants investissements doivent être réalisés.

Le déploiement des infrastructures nécessaires à cette transition s’avère coûteux et plus complexe que prévu. Ces investissements pèsent actuellement sur les coûts de l’énergie, un élément essentiel puisqu’aucune activité économique ne peut fonctionner sans énergie.

La digitalisation

L’essor de l’intelligence artificielle et la transformation numérique de l’économie ont déclenché une vague massive d’investissements technologiques. La demande mondiale en semi-conducteurs et en puissance informatique a fortement progressé, entraînant une hausse des coûts.

Or, les puces électroniques sont présentes dans pratiquement tous les équipements que nous utilisons aujourd’hui : ordinateurs, smartphones, voitures, électroménager et bien d’autres produits du quotidien.

Cette évolution contribue également à maintenir une pression inflationniste sur l’économie.

La dette

Le cinquième facteur est souvent le plus négligé, mais il est selon nous l’un des plus importants : la dette.

À la suite de la crise financière de 2008 puis de la crise des dettes souveraines européennes, les banques centrales ont injecté d’importantes quantités de liquidités dans le système financier afin de soutenir l’économie et de maintenir des taux d’intérêt très bas.

Cette liquidité excédentaire est restée présente pendant de nombreuses années. Aujourd’hui encore, elle continue d’alimenter l’économie et contribue à valider les pressions inflationnistes générées par les autres facteurs structurels.

D’une certaine manière, nous payons aujourd’hui le prix des crises passées et des mesures exceptionnelles qui ont été mises en œuvre pour les traverser.

Quelles conséquences pour les investisseurs ?

L’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des épargnants ne doit pas être sous-estimé.

À la fin de l’année 2019, les taux d’intérêt se situaient autour de 1 %. Dans le même temps, les prix ont progressé d’environ 28 % en Belgique. Les investisseurs détenant principalement des obligations traditionnelles ont donc vu leur pouvoir d’achat s’éroder de manière significative au cours de cette période.

Chez CapitalatWork, nous avons rapidement considéré que l’inflation était davantage structurelle que temporaire. Cette conviction nous a conduits à investir une part importante de nos portefeuilles obligataires dans des obligations indexées sur l’inflation.

Ces instruments offrent une protection naturelle contre la hausse des prix puisqu’ils intègrent l’évolution de l’inflation dans leur mécanisme de rémunération. Ils ont d’ailleurs nettement surperformé les obligations nominales classiques au cours des dernières années.

Nous continuons à les privilégier aujourd’hui, car nous estimons que l’inflation future restera probablement supérieure à ce que les marchés anticipent actuellement.

La meilleure protection contre l’inflation

Au-delà des obligations indexées, la protection la plus efficace contre l’inflation reste l’investissement dans des entreprises de grande qualité disposant d’un véritable pouvoir de fixation des prix.

Les sociétés capables de répercuter la hausse de leurs coûts, qu’il s’agisse des salaires, des matières premières, des semi-conducteurs ou des chaînes d’approvisionnement, sont mieux armées pour préserver leurs marges et leur rentabilité.

Pour les investisseurs, ces entreprises constituent un rempart particulièrement efficace contre l’érosion du pouvoir d’achat. C’est pourquoi leur capacité à maintenir leur rentabilité dans un environnement inflationniste demeure un critère essentiel de notre processus d’investissement.

Christophe Van Canneyt

Senior Portfolio Manager


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