Les obligations sont souvent reléguées au second plan face aux actions. Investir en obligations reste pourtant intéressant. Leur rendement réel, leur rôle dans l’allocation d’actifs et leur asymétrie rendement/risque méritent d’être réévalués à la lumière des mécanismes fondamentaux des marchés. Nous nous souvenons tous de 2022 sur les marchés obligataires. La hausse généralisée des taux avait alors précipité les marchés à la baisse, pour finir l’année avec des pertes proches de 13%. Début 2026, après 3 années qui ont également amené leur lot de surprises, cette baisse a finalement été plus ou moins résorbée. Faisons le point !
Les obligations : un instrument financier intéressant
Pendant longtemps, les obligations ont été perçues comme la partie la plus ennuyeuse d’un portefeuille. Peu rentables, sensibles aux taux, trop compliquées… En réalité, les obligations sont avant tout un instrument financier aux propriétés bien définies. Elles permettent de prêter de l’argent à un État ou à une entreprise, en échange d’un flux de revenus connu à l’avance et du remboursement du capital à échéance. Leur intérêt dépend donc moins de la mode du moment que de leur rendement initial, de leur qualité de crédit et de leur durée.
Ce que les obligations apportent réellement à un portefeuille
Des revenus stables et prévisibles
Contrairement aux actions, dont le rendement dépend fondamentalement de la croissance des bénéfices, une obligation offre un cadre contractuel clair : un coupon et une date de remboursement. Cela permet de connaître à l’avance le rendement théorique d’un investissement. Et de le verrouiller sur une durée choisie, souvent plus longue que celle proposée par les produits bancaires classiques.
Un outil de diversification
Le marché obligataire offre une grande variété d’alternatives : obligations d’État ou d’entreprises, obligations nominales ou indexées, choix des devises, des secteurs ou encore des régions. Cette diversité permet d’adapter un portefeuille à des objectifs précis (revenus, stabilité, protection contre l’inflation) et de réduire la dépendance à un seul type d’actif.
Une gestion fine du risque
« No guts, no glory ». Dans le monde des investissements, il faut évidemment accepter de prendre certains risques pour bénéficier d’un rendement supérieur. Les obligations permettent un calibrage très fin des risques que l’investisseur souhaite prendre : choix de l’émetteur, durée de l’émission, protection contre l’inflation, choix de devises spécifiques…
D’une part les obligations sont généralement moins risquées que les actions. D’autre part elles permettent de choisir très précisément le type de risque que l’on souhaite prendre. En combinant différents types d’obligations, il est possible de construire un portefeuille cohérent avec un profil de risque donné, plutôt que de subir passivement un environnement de marché.
Obligations ou actions : une comparaison trompeuse
Comparer obligations et actions uniquement sur base de leur performance passée est réducteur. Investir dans une action est un pari sur la croissance future d’une entreprise. L’achat d’une obligation est un contrat sur sa capacité à rembourser sa dette. Il arrive que certaines entreprises offrent, via leurs obligations, un rendement supérieur à celui que suggère la valorisation boursière de leurs actions. Cela rappelle une réalité simple : un bon investissement n’est pas celui dont on parle le plus, mais celui dont le prix est cohérent avec les flux qu’il génère.
Obligations et comptes à terme : une fausse équivalence
Un compte à terme est un prêt à une banque pour une durée courte et à un taux fixé, soit pratiquement la même chose d’une obligation à court terme. La différence vient du fait que les investissements obligataires permettent une meilleure diversification, un choix plus large d’émetteur, de la liquidité et des échéances variées. Là où le dépôt bancaire concentre le risque sur une ou deux institutions, un portefeuille obligataire peut le répartir sur des dizaines d’émetteurs différents.
Par ailleurs, le risque de réinvestissement est différent. Un placement très court devra être renouvelé fréquemment, à des conditions futures inconnues. Alors qu’une obligation avec une durée de vie plus longue permet de fixer un rendement sur une période plus étendue.
Pourquoi investir en obligations n’est pas simple
On réduit souvent une obligation à son taux, alors que ses véritables qualités dépendent d’éléments bien plus complexes : la solidité du bilan de l’émetteur, la structure de sa dette, sa capacité à générer des cash-flows récurrents ou encore sa sensibilité aux cycles économiques.
Construire un portefeuille obligataire exige donc une analyse financière rigoureuse, la maîtrise de la duration, un suivi constant des émetteurs et une adaptation continue au contexte macroéconomique et aux mouvements de marché. À cela s’ajoute un autre défi : la diversification.
Constituer un portefeuille obligataire vraiment diversifié nécessite des montants significatifs, car il faut multiplier les lignes, les maturités et les types d’émetteurs pour réduire le risque spécifique. C’est précisément là que les fonds obligataires apportent une réelle valeur ajoutée : ils permettent d’accéder à un univers large et professionnellement sélectionné, avec une diversification immédiate, même pour des petites sommes.
Une idée reçue à déconstruire
En définitive, les obligations ne sont ni un actif « sans risque » ni un actif « inutile ». Elles constituent un instrument essentiel pour générer du revenu, stabiliser un patrimoine, arbitrer entre risque et visibilité et structurer une allocation cohérente sur le long terme. Dans le contexte actuel, elles retrouvent d’ailleurs tout leur attrait : les niveaux de taux offrent aujourd’hui des rendements compris entre 2,5% et 4% sur les obligations les moins risquées en euros ou en dollars US, soit nettement plus que la moyenne observée au cours des quinze dernières années.
Considérer les obligations comme un simple substitut à un compte d’épargne ou comme une alternative inférieure aux actions revient donc à ignorer leur véritable rôle : celui d’un pilier stratégique au cœur de la construction patrimoniale.
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