03.09.2019

L’investissement socialement responsable : tendance passagère ou transformation sectorielle ?

ESG, ISR, CSR,… Cela fait maintenant plus de 10 ans que ces acronymes ont progressivement fait leur apparition au sein des banques et gestionnaires d’actifs les plus traditionnels. Aussi innovants que ces nouveaux concepts puissent paraître à première vue, ont-ils pour autant un avenir assuré dans le monde de la finance et, plus important encore, les investisseurs doivent-ils foncer tête baissée ?

Avant de statuer sur le futur, il est d’abord important de comprendre les origines du phénomène. Précisément, les alternatives durables qui font désormais partie de l’offre de produits d’investissement ne sont pas apparues de par le bon vouloir de quelques banquiers bienveillants. Ces derniers ont en réalité répondu à une demande grandissante de clients considérant l’éthique d’un investissement comme un point d’honneur.

En effet, la transition générationnelle actuelle s’accompagne d’une évolution du genre et des désirs de la clientèle moyenne. La génération constituée des baby-boomers, âgés de 55 à 75 ans, et actuellement la plus riche, va faire place et surtout transmettre aux millenials, âgés de 22 à 37 ans, un capital estimé entre 30 et 70 billions (12 zéros) de dollars durant les 30 prochaines années. Ce phénomène est appelé le ‘grand transfert de patrimoine’. Ces millenials, qui disposeront bientôt d’un pouvoir financier considérable, ont grandi pendant l’émergence de l’inter- connectivité et présentent une exigence de transparence beaucoup plus affirmée. Leur sens moral est également plus orienté que celui de leurs aînés. Si nous considérons qu’une grande tendance peut être associée à chaque génération, alors celle des millenials est visiblement l’écologie et l’éthique, tandis que les générations précédentes se souciaient davantage de la technologie ou des systèmes bancaire et juridique.

En prenant en compte un transfert de capital important et des mentalités dirigées, il est rationnel d’anticiper un changement graduel mais inévitable de la demande de produits d’investissement, et par conséquent de l’offre qui y correspond.

Ce processus se matérialise déjà dans le fait que 85% des millenials (contre 33% des baby-boomers) se disent plus enclins à investir et à rester investis à long terme dans une solution financière si celle-ci propose des caractéristiques ESG intégrant l’Environnement, la Société, et la Gouvernance d’entreprise.

Cependant, dans le monde peu connu de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), et surtout en l’absence d’une standardisation quant aux normes s’y rapportant, un investisseur peut facilement se perdre. Actuellement, la majorité des produits catégorisés comme durables, ou ‘sustainable’ en anglais, adoptent des stratégies d’exclusion des secteurs controversés, comme par exemple le tabac ou l’exploitation pétrolière, et/ou intègrent des caractéristiques ESG dans leur processus de sélection d’actifs. À condition qu’une politique d’investissement durable et certifiée par des agences spécialisées soit liée à ces produits, ceux-ci constituent la manière la plus aisée pour un investisseur de conscientiser son capital. D’autres types de produits, dits thématiques, se focalisent sur des thèmes plus précis, comme la transition énergétique ou le développement de certaines populations, et s’adressent à des investisseurs beaucoup plus avertis.

En conclusion, il est recommandé d’effectuer des recherches préalables et de demander conseil à un spécialiste afin d’envisager au mieux et de manière cohérente les différentes possibilités en matière d’investissement responsable.

 

Article publié dans l’Alliance Mag n°19

 

MAG 19 Capitalatwork